13 janvier 2012

Eva et François sont sur un pédalo. Les deux tombent à l'eau.

Entrée dans une zone de turbulence pour la gauche en ce moment. La campagne officielle n'a pas encore commencé, mais déjà on se tire dans le pied, on fait des gaffes, on renie une mauvaise annonce électorale déclarée la veille, on s'agace du candidat dans son propre parti. La gauche n'ayant toujours pas appris les leçons du passé, malgré avoir passé plusieurs mois à cauchemarder sur l'éventuelle reproduction d'un 21 avril (je plains les gens nés à cette date anniversaire gravée à jamais dans l'Histoire de France désormais).

Chez les Pastèques d'EELV, dirigé par Eva Joly, championne de la francophobie dans ses déclarations, idéologue de la déconstruction de l'aspect historico-culturel de la France, on commence à grincer des dents. Le parti de l'écologie qui ne parle presque jamais d'écologie, la candidate se contentant de faire des déclarations fracassantes et de plus en plus grotesques sur tout et n'importe quoi : défilé du 14 juillet, jours fériés musulmans et juifs, Jeanne d'Arc. Comme on l'a remarqué, ces sujets n'ont effectivement rien à voir avec l'écologie qui est pourtant la ligne maîtresse de ce parti. 

Peut-être que derrière son aspect naïf et allumée, Eva Joly admet en fait que finalement l'écologie politique des verts est une des plus grandes escroqueries de ces dernières décennies, et qu'ils ne servent que de succursale au reste de la gauche, et notamment le Parti Socialiste ? En tout cas joli coup de maître si c'est le cas, elle réussit très bien dans cette entreprise de communication.

Comment cette femme peut encore hurler au scandale xénophobe à cause des remarques sur son accent ou sa double nationalité, quand elle prouve qu'il y a plus grave à lui reprocher sur ses déclarations anti-nationales systématiques ? Ne serait-ce pas plutôt elle qui fait des déclarations xénophobes dans un sens, contre un pays et ses habitudes qu'elle n'a apparemment pas encore intégré et assimilé malgré ses 50 ans de vie en France ? Son idéologie crée-t-elle un tel blocage ? On peut le penser, et pas seulement chez elle, mais dans toute la nébuleuse verte. Car pour avoir désigné cette femme comme leur représentante, c'est qu'ils ne doivent pas en être si loin dans les pensées. Ils se rendent juste compte qu'éléctoralement parlant ça commence à leur jouer des tours car ils ne s'attendaient peut-être pas à ce qu'elle soit finalement … si franche.

Au PS, panique à bord également. François Hollande en manque de charisme et d'idées, table plutôt sur les déclarations au compte-goutte. Après son coup d'éclat concernant le quotient familial, il revient sur sa première déclaration et modère ses propos. La fausse imitation de Mitterrand va commencer à décevoir aussi de plus en plus dans ses rangs. Le programme étant tellement inexistant, que le candidat lui-même a déclaré qu'il ne présentera aucun programme complet officiel, et que ses mesures imaginaires seraient connues du grand public au compte-goutte. Le premier essai concernant le quotient familial fut apparemment loupé, et on s'attèle surement au PS pour changer de stratégie.

Quelle meilleure stratégie, au lieu de présenter un programme, que d'attaquer les autres ? Les attaques contre Sarkozy on en a l'habitude, c'est la raison de vivre du PS depuis 5 ans. Mais la nouveauté maintenant est d'attaquer le Front National. Une cellule spéciale anti-FN, comme une espèce de cellule psychologique pour rassurer l'angoisse de la gauche sur le retour de la bête immonde, a été crée par Hollande pour détruire les arguments de Marine Le Pen.

François Hollande a au moins le mérite d'être franc lui aussi et de reconnaître que l'électorat populaire, ouvriers et employés, lui a échappé des mains, et qu'il faille donc le reconquérir au Front National. Aveu qui avait été longtemps retenu au PS qui ne l'avait jamais reconnu publiquement. Finalement lorsque certains candidats font preuve de franchise sur leur état idéologique et électoral, c'est le meilleur moyen de se tirer une balle dans le pied, quand on a pas fait l'effort d'être honnête bien avant et de voir la réalité en face quand il est déjà trop tard.

Le seul qui s'en tire à bon compte à gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon, qui ne passe pas par 4 chemins, et qui risque non pas de reprendre l'électorat populaire au FN, mais de prendre le peu d'électorat populaire qui faisait encore confiance à la gauche classique. François Hollande pourra gesticuler tant qu'il veut, il n'arrivera pas à se débarrasser de l'évidence suivante : il reproduit la même erreur que ses prédécesseurs en 2002 et 2007, et même pire. Qu'on aime ou pas, Jospin et Royal avait quand même un programme à présenter, des idées personnelles, une personnalité. Il y avait du concret, des propositions. 

Alors que François Hollande lui n'a aucune personnalité, aucune idée ni proposition. Il se contente de répéter ce que lui propose ses conseillers qui sont apparemment encore plus nuls que lui. La seule chose qui puisse encore le sauver d'ici le 22 avril c'est qu'une masse assez importante de gens de gauche se fasse encore avoir par le vote utile, et se reporte sur François Hollande seulement pour son étiquette et non sa personne ni son programme.

4 commentaires:

  1. Hans-Hermann Hoppe13 janvier 2012 13:05

    Bel article, Insolitaire. J'ai particulièrement apprécié sa première partie sur Eva Joly, dont les suggestions politiques favorables à une "déconstruction de l'aspect historico-culturel de la France" sont plus ridicules les unes que les autres. Si on suit sa pensée jusqu'au bout, alors elle devrait également recommander la mise en place d'un jour férié pour les bouddhistes, pour les hindouistes, pour les Asiatiques (le nouvel an chinois, par exemple).

    RépondreSupprimer
  2. Ou encore un jour pour célébrer une fête viking nordique païenne.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est incroyable qu'un pays, la France, puisse laisser dire tant de mal de ses institutions, de son passé, très contente de vous lire ça me rassure de savoir qu'il y a des "indignés" !

      Supprimer
  3. Si des suggestions politiques aussi grotesquement absurdes que celles d'Eva Joly peuvent être proférées sans que cela ne fasse la moindre vaguelette tant dans les médias que chez les politiciens de tous bords, c'est bien la preuve que nos sociétés occidentales sont "travaillées" par une idéologie orwellienne depuis déjà plusieurs décennies. Mais ce n'est pas le plus pitoyable, le pire étant le "formatage" des jeunes générations acquises au nouveau credo selon lequel "c'est nous les méchants, c'est eux les gentils". Le monde des Bisounours à l'envers, en quelque sorte.

    RépondreSupprimer